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Les taux d’impôts n’augmenteront pas, mais le ROB rejeté


Le Conseil Municipal du 7 mars a permis aux élus de débattre fiévreusement des orientations budgétaires pour cette année 2019. C’est le préalable au vote du budget, qui aura lieu le 4 avril. Ce sera le dernier budget avant le vote pour les élections municipales… ce qui a déchaîné passions et appétits. Et ce qui peut expliquer que le Rapport d’Orientation Budgétaire ait été rejeté par 15 voix pour, 17 voix contre, et 1 non participation au vote. Malgré le fait que l’adjoint aux Finances, Jean-Rémy Vandevoorde ait annoncé une volonté de ne pas augmenter les taux des impôts locaux comme c’est le cas depuis plus de 10 ans. Ceci afin de préserver le pouvoir d’achat des Seclinois. Et malgré le fait que plusieurs projets de travaux aient été proposés, ainsi que la préservation des services au public à moindres frais pour les familles, comme pour la restauration scolaire, par exemple, dont les tarifs sont parmi les moins chers de toute la région.

Rapport d’Orientation Budgétaire : les grands chiffres

Depuis 2014, la Ville a été privée de 3,6 millions de Dotation Globale de Fonctionnement par l’Etat. De plus, l’Etat a décidé de faire passer le dégrèvement de la Taxe d’Habitation de 30 à 65% (mais uniquement pour certains contribuables). L’Etat, toujours, a décidé d’augmenter les bases fiscales de 2,2%, alors que la Ville de Seclin affiche de son côté une volonté ferme de ne pas augmenter ses taux d’impôts.

Pour ce qui concerne Seclin, le budget total représente 19,8 millions en fonctionnement, et 19 millions en investissement. L’année 2018 s’est terminée avec un excédent de 318.500 euros en fonctionnement. En investissement, les recettes excèdent les dépenses de 263.400 euros. La capacité d’autofinancement s’établit à 766.000 euros, en baisse en raison du fait que les recettes réelles sont en diminution de 1,2% et les dépenses réelles en augmentation de 1,9%. Le taux d’endettement de la ville reste faible : 440 euros par habitant (28%), alors que c’est plutôt 40 à 50% dans les communes de même taille.

Les projets proposés en 2019

Etude pour la salle des sports Delaune : 821.000 euros, nouveau terrain de foot synthétique : 400.000 euros, entretien des bâtiments : 381.000 euros, accessibilité aux personnes handicapées : 302.000 euros, toitures : 289.000 euros, restaurants scolaires : 284.000 euros, rénovation du château Guillemaud : 103.000 euros, étude pour l’extension de la salle des fêtes : 80.000 euros, et peut-être l’achat d’une balayeuse électrique pour les rues de la ville si les subventions de l’Etat suivent (40% de 160.000 euros). Les dépenses de personnel, et les dépenses à caractère sont prévues à l’identique de celles de 2018.

Débat les positions des différents groupes politiques

Impossible de retracer mot pour mot deux heures de débats enflammés, mais voici les tendances.

Forces Démocrates pour Seclin Christian Baclet a regretté de ne pas percevoir les orientations pluriannuelles pour l’avenir, en matière de dépenses de personnel, de dépenses générales, etc… Il a déploré l’augmentation du nombre de non titulaires au sein des services de la mairie, et l’augmentation des dépenses de personnel en 2019. François-Xavier Cadart s’est dit inquiet pour l’avenir budgétaire de Seclin, en raison d’une « évolution des dépenses non maîtrisée ». Il a aussi estimé que « Seclin est une ville riche », mais qui devrait baisser ses dépenses en « mutualisant » les services. Il a aussi fustigé la baisse de l’autofinancement et le recours à l’emprunt, avant de revenir de nouveau sur « le coût de la crèche pour les Seclinois ». Ses priorités : la redynamisation du centre-ville, un incubateur d’entreprises, un renforcement de la police, des caméras de vidéosurveillance, un arrêt de construction de logements…

Les Républicains Eric Drelon a préconisé de faire des économies, car « les dépenses de personnel sont trop élevées » et « l’autofinancement baisse en même temps que l’endettement augmente, ce qui fait perdre notre autonomie financière. » Ses credo : les caméras de vidéosurveillance, le commerce de proximité, l’arrêt des constructions, et la transition écologique.

Les écologistes Alain Fruchart a déploré « une impréparation manifeste » du ROB, « des dépenses à caractère général trop élevées, alors qu’un effort important a été mené en matière de transition écologique pour faire baisser les dépenses d’énergie ». Bref, « un ROB sans consistance ni analyse », voire « insincère ». Il regrette « qu’aucune référence ne soit faite aux nouveaux projets de transition écologique », et propose un nouveau contrat de chauffage, plus de bio à la restauration scolaire, une étude pour créer une légumerie… Il refuse également le terrain de foot synthétique.

Pour Seclin Didier Serrurier réclame « plus de perspectives budgétaires », la « résorption de l’emploi précaire », et dénonce la baisse du budget de la culture, ainsi que le projet de charte éthique au sujet de l’expression des personnels de la mairie sur les réseaux sociaux. Comme François-Xavier Cadart, il estime que les propos des employés sur les réseaux sociaux ne doivent pas être encadrés.

Communistes et Républicains Jean-Rémy Vandevoorde a précisé que « l’augmentation de la masse salariale en 2018 était due à l’embauche provisoire de 6 archéologues pour un chantier de fouilles. Or, ces fouilles ont été payées ensuite à la Ville, ce qui amène autant de recettes que de dépenses. » Quant à l’emprunt de 1,3 millions en cours, « il ne coûte quasiment rien car le taux est de 0,44% ». Eric Corbeaux a rappelé que la politique enfance-jeunesse très forte, ou encore les tarifs très bas de tous les services au public constituent des choix politiques clairs, et une orientation sans ambiguïté pour Seclin : « le choix de la solidarité, de l’aide aux associations, et des tarifs très bas pour les familles. »

Quant au maire, Bernard Debreu, il a estimé que « les attitudes politiciennes qui s’expriment à un an des municipales devraient passer après le travail au quotidien pour améliorer la vie des Seclinois. Concernant la crèche, « elle a coûté au total 950.000 euros, ce qui est extrêmement bas vu la qualité de l’équipement, reconnue unanimement par les Seclinois. » Sur les caméras, le maire a confirmé avoir « demandé une étude à la Préfecture, afin de savoir si c’est pertinent pour notre ville. » Enfin, revenant sur ses choix politiques : « conserver les tarifs très bas pour les familles, continuer les classes de neige, préserver l’école de musique… c’est un choix politique affirmé », sans compter les nombreux projets d’entretien du patrimoine, de rénovation, d’extension… pour répondre aux besoins des Seclinois.