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Grand débat de Seclin : 120 participants


Le maire, Bernard Debreu, remercie les personnes présentes, leur souhaite la bienvenue et précise que le débat est animé et modéré par Philippe Allienne, journaliste. Il informe également de la tenue du Cahier de doléances et d’espérances depuis mi-janvier en Mairie. Il est aussi disponible ce soir, dans cette salle. Puis l’on pourra de nouveau l’alimenter dès demain, 6 mars, et jusqu’au 15 mars inclus. Le maire indique que ce débat fera l’objet de cette présente synthèse, qui sera envoyée à la Mission du Grand Débat à Paris (ainsi que le cahier de doléances numérisé). La synthèse sera aussi publiée sur le site internet de la ville (www.ville-seclin.fr) et un article paraîtra dans le journal municipal « L’Hebdo seclinois » du jeudi 7 mars 2019.

Philippe Allienne rappelle les thèmes du débat : fiscalité, organisation des services publics, transition écologique, citoyenneté et démocratie. La synthèse sera transmise au niveau national et l’Etat fera un retour en avril pour toute la France. Le débat durera deux heures ; le journaliste demande de respecter cette durée, de ne pas faire de trop longues interventions et de respecter la parole de chacun.

Intervenant 1 :

La question des services publics de proximité préoccupe beaucoup les gens :
-  L’antenne CPAM a disparu à Seclin
-  la CARSAT est en sursis
-  La Poste a des horaires d’ouverture restreints, et a supprimé ses boîtes aux lettres (fentes insérées dans le mur de La Poste)
-  Des effectifs sont supprimés chez les pompiers, dans les casernes
-  Il manque 4 agents à la Trésorerie de Seclin, et l’on parle de transférer la gestion de l’hôpital à Lille, alors que la Trésorerie de Pont-à-Marcq a déjà fermé
-  SNCF, santé, bus, écoles : le désengagement de l’Etat est patent, et cela détruit les services publics de proximité. Or les services publics de proximité sont le gage de la cohésion sociale nécessaire. Internet ne fait pas tout.
-  TVA et CSG rapportent des centaines de milliards ; les dividendes des milliers de milliards : il y a de l’argent pour sauver les services de proximité.

Intervenant 2 :

Il pointe le problème du pouvoir d’achat, dans un contexte où les salaires, les retraites, les pensions n’augmentent plus.
-  1498€ au SMIC : cela est très insuffisant pour vivre
-  Des salariés dorment dans leur voiture ou dans la rue
-  La précarité est le quotidien de beaucoup
-  Le SMIC doit être porté à 1 800 €
-  Il faut supprimer le CICE, qui verse des millions aux entreprises sans contrepartie sur la création d’emplois
-  Il faut rétablir l’ISF
-  Il faut lutter réellement contre l’évasion fiscale = plus de 100 milliards d’euros par an en France
-  Il faut arrêter d’augmenter toujours plus les dividendes des actionnaires des grandes entreprises : 47 milliards d’euros en 2018, un nouveau record
-  Il faut mieux répartir les richesses

Intervenant 3 :

Les retraités subissent les brimades des différents gouvernements depuis plus de 10 ans :
-  La part fiscale des veuves a été supprimée, ainsi que la majoration familiale, la CSG étrangle une grande partie des retraités, ainsi que le gel du montant des pensions depuis 5 ans, pensions : + 0.3% seulement, beaucoup moins que l’inflation
-  Le pouvoir d’achat des retraités est amputé : les retraités ont perdu l’équivalent d’1 mois de pension depuis la mise en œuvre de ces réformes
-  L’appauvrissement des retraités est réel : sur 17 millions de retraités en France, plus de la moitié vit sous le seuil de la pauvreté
-  Il faut changer tout çà et revenir aux acquis d’avant
-  Le gouvernement n’a pas voulu écouter la désespérance des citoyens, ce qui a provoqué la révolte des Gilets Jaunes

Intervenant 4 :

Les questions du pouvoir d’achat, de la répartition des richesses, et des services publics sont essentielles, mais une question cruciale n’a pas été abordée dans les thèmes du Grand Débat National : le thème du logement.
-  Or beaucoup de familles consacrent désormais 50% de leurs revenus par mois rien que pour se loger
-  Une nouvelle loi en cours de préparation vise à casser encore davantage le logement social
-  Il faut revenir à des politiques publiques en faveur du logement, et instaurer un droit au logement effectif

Intervenant 5 :

-  Il faut supprimer totalement la TVA
-  C’est l’impôt sur le revenu qui est le plus juste, car il dépend des revenus de chacun.
-  Il faut baisser les taxes sur l’eau, l’électricité et le gaz, car elles représentent 40% de la facture
-  Il dénonce une taxe sur la santé au travers des mutuelles
-  Les vrais profiteurs de la République sont les élus comme les anciens Présidents de la République, qui coûtent des millions aux contribuables français, et cumulent plusieurs retraites de l’Etat
-  Il faut supprimer les numéros de téléphone surtaxés
-  Il faut taxer à 50% les stock options pour financer les services publics
-  Le pouvoir d’achat des retraités doit être revalorisé
-  Il faut que le financement des EHPAD soit du ressort de l’Etat et non du Département, car les inégalités de traitement sont flagrantes d’un Département à l’autre
-  L’argent des amendes de voie publique doit aller entièrement aux victimes des accidents de la route

Intervenant 6 :

-  Il remercie les Gilets Jaunes pour la prise de conscience qu’ils ont permis de faire éclater au grand jour en France
-  En France, il y a beaucoup de travail à faire, donc il faut recruter plus de personnes
-  Il faut aussi revenir à une société de l’utile plutôt que du rentable
-  La fonction publique tourne à l’envers
-  Il faut se poser la question : quelle société voulons-nous pour demain ?

Intervenant 7 :

-  La question de la justice fiscale est centrale
-  La TVA est un impôt injuste, car elle pénalise en priorité les plus bas revenus
-  Il faut supprimer la TVA sur les produits de première nécessité
-  Au contraire, il faut augmenter la TVA sur les produits de luxe, puisque ceux qui achètent des produits de luxe ont les moyens de payer plus d’impôts
-  Nous ne sommes pas contre l’impôt, mais il faut que le produit de ces impôts soit affecté au fonctionnement des services publics
-  Concernant l’impôt sur le revenu, il faut augmenter le nombre de tranches, pour que ce soit plus progressif, et plus juste. Pour que chacun paie vraiment selon ses ressources
-  Il faut supprimer la CSG des retraités
-  Il faut rétablir l’ISF
-  Il faut interdire l’optimisation fiscale
-  Il faut obliger les multinationales qui réalisent des profits en France à payer leurs impôts en France
-  Il faut lutter réellement contre la fraude fiscale, qui atteint 100milliards d’euros par an en France

Intervenant 8 :

-  Il a le même avis que l’intervenant précédent sur les retraites
-  Il dénonce la baisse de l’APL de 5€ par mois
-  Il faut rétablir l’ISF, et lutter réellement contre la fraude fiscale.
-  Il dénonce une justice à 2 vitesses : dure avec les Gilets Jaunes, et trop souple envers les puissants, comme Alexandre Benalla
-  Il en a marre du mépris de l’Etat, il réclame plus de justice et de considération

Intervenant 9 :

-  Il faut faire avancer les Droits des Femmes comme le fait l’association Femmes Solidaires
-  Les inégalités femme/homme persistent et sont insupportables
-  Il faut supprimer le temps partiel subi que subissent les femmes
-  Il faut lutter contre la précarité que subissent les femmes : pour le travail, le logement, la santé, et pour qu’elles aient une rémunération décente

Intervenant 10 :

-  La défense des services publics est primordiale, notamment en matière de santé
-  Les conditions de travail des personnels des hôpitaux sont extrêmement dégradées. Et les malades usagers en pâtissent forcément. Ils ne sont plus soignés décemment
-  Cet intervenant témoigne gagner 1.460€ de retraite pour 40 ans travaillés à l’hôpital public
-  La question des EHPAD est aussi très importante : comment prendre en charge toutes les personnes âgées qui ne peuvent rester à domicile ? En effet, tout le monde ne peut pas rester à domicile, car les aides à domicile sont de moins en moins financées et il manque du personnel
-  Le Département a décidé de baisser le financement de l’aide à domicile : 21€ de l’heure, désormais, alors que 26€ de l’heure seraient nécessaires
-  Que faut-il faire : mourir en silence chez soi ?
-  Chez les personnels de santé, il y a aussi le scandale des inégalités femme/homme : les aides à domicile sont maintenant payées au ¼ d’heure avec des salaires de misère.
-  Le gouvernement voudrait aussi s’attaquer aux pensions de réversion qui sont pourtant la seule ressource pour nombre de veuves
-  Les femmes gagnent toujours moins que les hommes
-  Le démantèlement de la Sécurité Sociale est insupportable
-  On parle de la défiscalisation des heures supplémentaires, mais ce n’est pas une avancée sociale, puisqu’on ne paie pas de cotisations sur ces heures supplémentaires, ce qui veut dire que la Sécurité Sociale est encore plus en danger

Intervenant 11 :

-  Se présentant comme Gilet Jaune, il fustige la baisse de 20€ d’APL par mois.
-  Il connaît une dame qui vit avec seulement 780€ par mois et qui a pourtant vu son APL baisser
-  Le bus est aussi trop cher
-  Les barèmes tarifaires des aides sont injustes
-  C’est ignoble de la part du gouvernement
-  Les pauvres s’appauvrissent, les riches s’enrichissent

Intervenant 12 :

-  Il veut dénoncer la casse des services publics de proximité engendrée par les politiques austéritaires de l’Europe dont l’ambition est de détruire tous les services publics.
-  Il faut aller chercher des recettes pour les services publics là où il y a de l’argent.
-  La fracture numérique est aussi réelle pour les personnes sans ressources ou qui ne sont pas à l’aise avec l’informatique : cette fracture numérique est dévastatrice car les citoyens sont de plus en plus éloignés des services publics
-  Par ailleurs, la liberté d’expression est en danger du côté des personnels de l’administration

Intervenant 13 :

-  Dans le Grand Débat National, et dans la société, on parle trop peu des personnes handicapées
-  Il y a un grave manque d’Auxiliaires de Vie Scolaire pour les élèves handicapés : il en manque 10.000 en France
-  Par ailleurs, les AVS manquent de formation, perçoivent des bas salaires, et subissent du temps partiel non choisi
-  L’insertion professionnelle des personnes porteuses d’un handicap reste un réel problème, ainsi que le manque de maisons de retraite adaptées aux personnes porteuses d’un handicap
-  Il manque aussi cruellement d’établissements spécialisés, et les familles françaises sont obligées d’aller en Belgique pour trouver un établissement
-  Il déplore que le Département du Nord baisse encore ses financements pour les établissements spécialisés
-  L’Etat doit porter plus d’attention aux personnes porteuses d’un handicap

Intervenant 14 :

-  Il revient sur le problème des retraites, évoqué plusieurs fois en début de réunion
-  Il note que la France est championne en matière de déficit du budget de l’Etat et pourtant, notre pays ne bénéficie pas pour autant de services publics performants
-  Il y a trop d’impôts et de taxes
-  L’Etat devrait baisser les dépenses, et ajuster ses dépenses à ses recettes.
-  Par ailleurs, les services publics devraient être mieux organisés et gérés
-  L’administration française comporte des secteurs intermédiaires trop lourds, alors qu’il n’y a pas assez d’agents d’accueil directement au contact des citoyens
-  Le coût du travail est excessif
-  Les entreprises ne sont pas assez compétitives

Intervenant 15 :

-  Il dénonce un problème majeur de santé publique dans une rue d’Houplin-Ancoisne. Il explique que de nombreuses personnes sont atteintes d’un cancer dans cette rue à cause des pesticides dans les champs alentour
-  Il faut également préserver la qualité de la ressource en eau, et ne pas polluer les champs captants, qui fournissent une bonne partie de l’eau potable de toute la Métropole Lilloise

Intervenant 16 :

-  L’urgence écologique est là, intervient cette personne qui un petit garçon de 5 ans
-  Elle se prononce totalement contre le glyphosate
-  C’est un scandale, dit-elle : il y a un manque de transparence total à propos de ce que nous consommons
-  Elle estime qu’il y a une augmentation du nombre de cancers, et des malformations congénitales dues à la pollution
-  Il n’y a pas assez de repas et produits bio dans les cantines
-  Par ailleurs, on peut se poser la question : comment est géré le budget de l’Etat ?
-  Mais il ne faut pas opposer les gens les uns aux autres
-  On veut une France solidaire, mais les gens qui travaillent sont trop taxés
-  En France, financièrement, il vaut mieux ne pas travailler que de travailler
-  Les impôts sont tellement élevés que les classes moyennes se paupérisent, et que les riches vont quitter la France pour payer moins de taxes
-  Il faut trouver un équilibre entre les classes sociales : pauvres, moyennes et riches

Intervenant 17 :

-  Les patrons gagnent trop d’argent
-  L’intervenant est content de payer des impôts mais il veut savoir à quoi ils servent ?
-  La taxe carbone, par exemple, est une mauvaise solution : elle est payée par tous alors que les pauvres polluent moins que les riches
-  Si l’on revient à il y a quelques années, la loi sur les 35 heures a créé de l’emploi et c’est une bonne chose. Il faut partager le travail et les ressources
-  Les services publics doivent rester publics et ne pas être livrés au privé
-  Le chômage reste un problème majeur alors que tout le monde veut du travail
-  Le système de la Banque Centrale Européenne est mauvais : les Etats sont obligés d’emprunter aux banques privées, ce qui fait augmenter la dette de la France puisqu’il faut payer les taux d’intérêts
-  L’évasion fiscale coûte 100 milliards d’euros par an à l’Etat : avec cette somme, celui-ci peut combler son déficit
-  Enfin il se pose la question de notre modèle de société : la décroissance, l’économie circulaire seraient peut-être des bonnes solutions pour supporter la finitude du monde

Intervenant 18 :

-  Depuis la réforme de la Tarification à l’Acte à l’hôpital, la santé publique française est en grand danger. Or, un soin n’est pas une marchandise
-  On supprime des postes à l’hôpital public, alors que les besoins vont croissant
-  Les professionnels de l’hôpital public expriment un énorme mal-être au travail. La santé et l’hôpital vont mal
-  La qualité des soins prodigués aux patients en pâtit
-  Il n’y a plus de place pour l’humain à l’hôpital public, mais au contraire une volonté du gouvernement de privatiser l’hôpital public

Intervenant 19 :

-  Les salaires de la fonction publique sont trop bas
-  Il souligne le problème des déserts médicaux. Dans certaines régions, il est même impossible de trouver un médecin traitant disponible
-  Il faut investir dans l’école et les services publics

Intervenant 20 :

-  Qu’est-ce qu’on veut comme société ? Quel avenir donner à nos enfants ?
-  Il faut y réfléchir à tous les niveaux : en matière d’économie, de services publics, d’écologie

Intervenant 21 :

-  Il revient sur les propos de l’intervenant 16 au sujet du glyphosate, des produits phytosanitaires, et de la Ferme du Paradis à Seclin
-  Il assure que l’exploitant est transparent sur sa production de fruits et légumes et que celle-ci est de la qualité
-  Les agriculteurs n’utilisent que des produits autorisés par l’Etat et essaient de baisser les quantités au maximum ; le monde agricole réfléchit à cette question en permanence
-  La Ferme du Paradis exerce une agriculture raisonnée avec le moins de produits phytosanitaires possible, et l’objectif de nourrir sainement toute une population qui a besoin de manger. En France, les agriculteurs sont exemplaires et la qualité sanitaire de l’agriculture s’est beaucoup améliorée
-  Si l’Etat veut éradiquer tout produit phytosanitaire, il faut qu’il aide financièrement les agriculteurs qui perdent de l’argent

Intervenant 22 :

-  Il insiste sur les inégalités dans la répartition des richesses : on en crée beaucoup en France mais elles sont accaparées par un petit nombre
-  L’Etat a accordé 230 milliards d’euros d’exonération de cotisations sociales aux entreprises : ce n’est pas normal
-  En effet, le système par répartition de la Sécurité Sociale repose sur les cotisations sociales de chacun. Si on supprime ce système, on ne pourra plus se soigner
-  Il faut embaucher pour l’aide à l’autonomie et l’hébergement des personnes âgées
-  Il pointe le fait que les familles doivent payer un trop grand reste à charge dans les EHPAD
-  Il y a de l’argent pour financer ces mesures. Par exemple avec les 50 millions d’intérêts versés aux banques par la Banque Centrale Européenne
-  La question de la transition écologique et de la pollution atmosphérique le préoccupent beaucoup également. Cette pollution engendre 17.000 morts par an rien que dans la Métropole Lilloise
-  Il donne l’exemple de la Communauté Urbaine de Dunkerque qui a décidé la gratuité des transports collectifs : il faut que la MEL fasse de même. Au moins le week-end, lors des pics de pollution, et pour les jeunes scolarisés
-  Il pointe un problème d’aménagement du territoire en France : la création de gigantesques Métropoles avec des déserts de services publics et d’emplois autour est une mauvaise chose. Autre effet néfaste de cette hyper centralisation : les entreprises de la Métropole perdent chaque année 1,5 milliard d’euros à cause des bouchons dans la MEL
-  Il faut plutôt faire coïncider emplois et logements, mieux répartis sur le territoire national
-  Un aménagement du territoire cohérent et équitable est crucial pour que chaque Français bénéficie de services publics à proximité de chez lui

Intervenant 23 :

-  Il revient sur le thème de la santé et des inégalités face à la santé. Si l’on est ouvrier ou quelqu’un de la classe moyenne ou supérieure, l’accès à la santé n’est pas le même
-  Les cliniques privées sont en train de détruire l’hôpital public. Elles sont détenues par des fonds de pension, où il n’y a que le profit qui compte
-  C’est le début de la privatisation de la santé

Intervenant 24 :

-  Il est très sensible à l’écologie car il habite un hameau rural
-  Il déplore que dans son hameau, il n’y ait pas de gaz. Il faut se chauffer au fioul à la place, ce qui est polluant
-  Beaucoup de Français n’ont pas les moyens de s’engager dans la transition écologique, car cela coûte très cher.